Les CPE (Centres de la Petite Enfance) : politique familiale ou féministe?

“Un enfant, une place”. C’est le slogan odieux du PQ [Parti Québécois] pour la présente campagne électorale. Pauline Marois, une travailleuse sociale recyclée en chef de parti, a en effet promis quelque 30 000 nouvelles “places” dans les garderies de l’État. Le PLQ [Parti Libéral du Québec], quoique moins zélé, suit simplement la vague en promettant à son tour des “nouvelles places”, tandis que l’ADQ [Action Démocratique du Québec], seule véritable altérité politique au Québec (ai-je besoin de préciser que Québec solidaire approuve l’intégrisme étatique des CPE ?), met un bémol “familial” à cette politique féministe en suggérant un soutien financier direct aux familles.

Il est difficile, dans l’espace publimédiatique, de jeter un éclairage sur la question des CPE, tant les termes du débat sont piégés d’avance. On ne peut rien discuter, en cette matière, si l’on ne convient pas d’emblée que les CPE n’ont pas été pensés en vertu des “familles”, mais des “femmes”. Je mets “femmes” entre guillemets, car la politique des CPE ne s’adresse qu’à un idéal-type féminin en particulier, la femme moderne et émancipée, qui ne peut se poser qu’en porte-à-faux d’une cellule familiale jugée aliénante par définition. La femme moderne et émancipée est une catégorie d’ensemble, qui contient en elle-même un large spectre typologique : elle désigne à la fois la célibataire hargneuse, militante de la fécondation in vitro ; la mère monoparentale récemment divorcée ; et la “conjointe contractuelle”, qui n’entretient, dans la “gestion” de sa “famille recomposée”, qu’un seul horizon : celui de l’efficacité managériale.

La catégorie de la femme moderne et émancipée, telle qu’élaborée par les ingénieurs de la propagande égalitariste, a pour but de dissocier la maternité de la famille, en même temps qu’elle rend la liberté de la femme conditionnelle à la dislocation de la cellule familiale. Pourquoi ? Parce que la dislocation de la cellule famille est nécessaire à l’épanouissement professionnel de la femme. Plus une famille est disloquée, ébranlée, recomposée, bricolée, négociée et “gérée”, plus il est possible pour la femme moderne et émancipée de s’ignorer comme mère et de se préférer comme femme moderne et émancipée. La manoeuvre, subtile, a des conséquences immenses.

(…)

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À LIRE ÉGALEMENT : “La force du féminisme, la faiblesse du Québec“, 7 juillet 2008 ; ”La nationalisation de l’enfance“, 29 février 2008 ; ”La Charte, ce joujou“, 13 février 2008 ; “La castration transversale“, 12 février 2008.

~ by quintal on 12 December, 2008.

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