markosamo et les pouvoirs intérieurs de l’être humain

“Mais, cependant, déjà, au sein de cette civilisation extrême, se
glissait partout trop d’excessif raffinement, trop d’esthétisme, trop
de penchant pour l’artifice robotisé.
Le perfectionnement superficiel avait, depuis longtemps, empiété sur
la perfection intérieure de l’Homme, laissée en jachère.
Au profit d’une mentalisation aigüe, on oubliait de développer les
“pouvoirs” de l’Homme, ces pouvoirs que l’on dit “secrets” et qui,
seuls, pourtant lui sont naturels.
On intellectualisait intensément; on pensait avec le cerveau — la
frondaison de l’arbre — et on omettait de baigner les racines de ce
même arbre dans l’eau profonde et vivifiante du psychisme, à cet
endroit-charnière où se reflète dans l’Homme la donation cosmique…”

“Est-ce la fatigue de la journée, exarcerbée par le brouhaha et les
parfums? Markosamo se sent de nouveau dominé par la montée en lui du
Maha, dont la puissance à présent le recouvre.

A travers cet état d’être qu’il connait à peine et auquel il n’a pas
eu le temps de s’accoutumer, il regarde avec appréhension ce qui
l’entoure. Ses yeux sont dessillés. Il est incapable de se mentir à
lui même ni de se leurrer moindrement. Il voit. Et il souffre de ce
qu’il voit. Mais comment s’y dérober?

Alors, tandis que toutes les réalités cachées sous les apparences lui
agressent l’âme, il se souvient, comme par comparaison, de cette
antique ville de Kobor Tigan’t, dont son initiation lui a dévoilé ce
matin le passé fabuleux et, surtout, le sens. Il se souvient de
l’ennui larvé qui travaillait le corps et le coeur de ses habitants,
ses contemporains de ce temps-là.

Et il regarde ses contemporains d’à présent, si raffinés mais si
blasés en fait.

Il voit qu’ils ont tous perdu de leur cohésion vitale et de leur
unité. Il voit, cachées sous l’esthétique des extraordinaires
vètements et des maquillages, toutes les insatisfactions, les
perversités, les veuleries, les relâchements.

Un sanglot secret l’agite car il se dit : “Ce n’est pas possible
qu’ils soient ainsi ! ” Mais comment nier, puisqu’il voit!…
D’informes aspirations serpentent en eux. Toujours, ils sont dans
un tensif état de désirs et d’envies. A peine satisfaites, les
appétances renaissent. Ecoeurées de ce qu’elles viennent d’obtenir,
elles s’orientent vers autre chose, sans même se préoccuper d’abord de
savoir quelles sont ces autres choses ! C’est une course à l’illusion.
Les intelligences tournent à vide : l’âme, percluse, ne s’y infuse
plus. On n’en accepte pas les grands décrets. Ils sont mal portés. On
les trouve naïfs. Ils troubleraient la brillance des vastes
raisonnements spécieux dont on s’enivre. Les parties nobles du
cerveau, d’où émanent les pouvoirs créatifs de l’âme, les zones
sacrées de clairvoyance, de clairaudience, de télépathie, sont en
friche, au profit des seules parties du bavardage mental. Tout est
devenu palabre. Un immense, incommensurable bavardage !

Le Maha voudrait se boucher les oreilles. Tout est vain, tout est
faux, tout, ou presque, est déjà folie !…

— O Soleil de Connaissance, Pouvoirs innés de l’Homme, divin
héritage, d’abandonnez pas mon âme ! prie-t-il tout bas.

Car lui-même, il le constate, dans quelle coupable somnolence a-t-il
laissé gésir ses facultés supérieures ! Le réveil qu’a déclenché
l’initiation n’en est que plus douloureux.

Maintenant, il s’acharne à vouloir comprendre. Et il comprend
aussitôt. L’homme a quitté son centre, il s’est déplacé à l’extérieur.
Tout ce qui était en potentiel à l’intérieur de lui-même, le divin
matériel de maîtrise du monde et des éléments, le poste de commande,
il l’a délaissé. Il s’est inventé des artifices, des faux-semblants,
des additifs, des truchements mensongers et rapaces qui se nourrissent
de lui, qui le droguent et l’épuisent et qui, finalement, font mal ce
que l’homme révélé pourrait faire bien !

Lorsqu’il reprend ses esprits, Markosamo est effondré, ses mains sont
moites : il a compris que l’intense perfectionnement matériel, la
civilisation technique, si éblouissante, de l’Atlantide est, en
définitive, une erreur et qu’il faut, de toute urgence, commencer à la
rectifier, si on ne veut pas courir au devant de catastrophes
irrémédiables.

L’énormité de sa responsabilité le coiffe d’une chappe de plomb.
“Rectifier, c’est la tâche du Maha.”


Markosamo le Sage, Christia Sylf, éditions le Hiérarch.

Site des amis de Christia Sylf : http://www.christia-sylf.org

~ by quintal on 24 November, 2008.

2 Responses to “markosamo et les pouvoirs intérieurs de l’être humain”

  1. Merci !

  2. je vous en prie, c’est un grand plaisir de transmettre cela.
    merci à vous de m’avoir informé de votre réception:-)

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