ange

DE L’INFLUENCE DES ANGES DANS LA VIE QUOTIDIENNE

Premier Chapitre de “enquète sur l’existence des anges gardiens” de pierre jovanovic
© 2001 – 2007 Le Jardin des Livres

Un après-midi de janvier à Fremont en plein coeur de la Silicon Valley,
je venais de terminer la visite de l’usine d’assemblage des ordinateurs
portables Grid. Avec mon amie, nous reprîmes notre voiture de location
et après avoir cherché pendant dix minutes, finîmes par trouver le
chemin de la Highway 101 qui nous ramenait à San Francisco. Sur
l’autoroute, tout paraissait normal, calme. La journée était ensoleillée
et, ne conduisant pas, je regardais les gros camions bien américains,
étincelants de tous leurs chromes que nous doublions, lorsque soudain,
sans même réfléchir, je me jetai sur ma gauche. Dans la seconde qui
suivait, une balle traversait le pare-brise, exactement en face de la
place passager. Ma place. Une heure plus tard après le constat
(obligatoire pour l’assurance) de la Highway Patrol qui nous a rassurés
en précisant qu’il s’agissait d’un incident (sniper) relativement
courant (sic), je me demandais pourquoi je m’étais jeté sur la gauche
AVANT l’impact de la balle sur le pare-brise. Plus tard, en discutant
avec d’autres journalistes, je découvris que je n’étais pas le seul à
qui ce genre de phénomène était arrivé. D’autres confrères -journalistes
ou photographes de presse- me racontèrent comment au moment même de la
mort impossible à éviter, quelque chose d’inexplicable leur avait sauvé
la vie, quelque chose qui n’avait pas une chance sur un million
d’arriver. Et la plupart d’entre eux m’expliquèrent que le temps s’était
soudain suspendu et qu’ils avaient commencé à revoir leur vie, mais
comme “hors du temps”. Phénomène inexplicable, donc on le range dans un
coin de la mémoire. Mais l’anecdote resurgit au hasard d’un dîner
lorsqu’une autre personne en parle “Tiens, justement un truc comme ça
m’est arrivé au Liban, en Irak, etc.”

Moi aussi j’avais oublié. Puis après une enquête sur le phénomène de la
vie après la mort, je ne pus m’empêcher d’établir un rapprochement entre
les expériences aux frontières de la mort et ces anecdotes de
journalistes, de photographes et de pilotes sauvés in extremis par une
voix ou une action inexpliquée. Tous avaient en commun soit le “temps
suspendu”, soit le “défilement de leur vie en trois dimensions”, parfois
les deux. Alors je me plongeai dans les expériences aux frontières de la
mort, ou de la vie, au choix. Un entretien avec le Dr Devawrin allait
définitivement me convaincre: ce médecin avait passé sa thèse de
médecine sur le sujet dans un lieu d’observation particulièrement
propice, le service de réanimation de l’hôpital de Garches ( Banlieue de
Paris. ) qui hérite des accidentés graves du périphérique parisien. Pour
aller plus loin, je proposai même le sujet lors d’une conférence de
rédaction du “Quotidien de Paris” et il fut accepté. Cette fois-ci,
l’enquête sur les expériences aux frontières de la mort, NDE ( De
l’anglais Near Death Experience, signifiant expérience aux frontières de
la mort. ) , était devenue un leitmotiv. Je voulais vraiment savoir ce
qui se passait au moment de la mort. Après quelques semaines
d’investigation, j’étais plus que troublé: en acceptant le principe
d’une vie après la mort à la suite de cette enquête, je me trouvai
confronté à un dilemme: si la vie ne cesse pas après la mort, alors les
textes religieux que je considérais comme des histoires de vieux barbus
n’étaient pas si idiots que cela. J’étais bien ennuyé. Avant cet
article, la résurrection du Christ ne signifiait rien de plus pour moi
qu’un week-end prolongé grâce au pont de Pâques. Or que représentaient
finalement toutes ces expériences aux frontières de la mort, sinon des
histoires de résurrections modernes? Cela m’agaçait tant que je fis
comme tout le monde, je préférai oublier. Cela m’obligeait à trop
réfléchir et le dolorisme des catholiques m’avait toujours horrifié.

Cependant, tout finit par me retomber dessus un soir, en écoutant une
chanson de Jean-Louis Murat à propos de son Ange gardien. Je me suis
bêtement demandé si j’avais moi aussi un Ange gardien et cette idée me
sembla aussi idiote que romantique. Mais moins d’une heure plus tard,
dans une librairie, je trouvais, par hasard, un livre sur les Anges. Le
sujet éveilla mon intérêt, un intérêt purement intellectuel cependant.
Mais plus je me passionnai pour le sujet et plus les signes, dans un
enchaînement de coïncidences invraisemblables, fusaient. Cette première
question avait allumé la mèche d’une bombe qui me coûtait une fortune en
livres. Petit à petit, j’eus le sentiment étrange qu’un dialogue
invisible s’était instauré entre ce supposé Ange et moi. Un dialogue que
Jung a nommé synchronicité. Il ne s’agissait pas de dialogues au sens
propre du terme, mais plus exactement de signes qui n’ont de sens que
pour vous et personne d’autre. Par exemple, vous marchez dans la rue et
vous vous demandez très sérieusement si l’Ange gardien n’est pas
simplement un produit de votre imagination et de celle des autres, et
juste à ce moment-là, une fille passe devant vous, portant un T-shirt
avec des ailes dans le dos!

La première fois, vous vous dites qu’il s’agit d’un pur hasard. La
deuxième fois, lorsque quelqu’un vous offre un livre d’art sur les
Anges, vous pensez que c’est une véritable coïncidence. La troisième
fois, vous recevez une lettre commençant par “tu as été mon Ange
gardien” d’une personne que vous avez connue bien avant votre soudaine
passion et vous vous dites que c’est une simultanéité incroyable. A la
quatrième fois, vous ne trouvez plus de mots. Au bout de la dixième
fois, vous déclarez forfait et à la vingtième, vous parlez très
sérieusement à votre Ange. A ce moment-là, ses réponses vous surprennent
au détour d’une rue, d’un livre, d’une personne, d’une lettre ou d’un
coup de téléphone. Je me souviens qu’un jour je décrochai le téléphone
et au bout du fil, une personne que je devinais âgée me demanda si elle
était bien à l’église Sainte-Marie des Anges. J’en restai quasiment sans
voix.

Ensuite l’Ange prend l’habitude de vous “parler” en permanence, toujours
par signes interposés. Parfois la raison cartésienne vous rappelle à
l’ordre et, à nouveau, vous vous demandez très sincèrement si vous
n’êtes pas devenu fou et si vous ne voyez pas des signes là où il n’y en
a aucun. Vous commencez même à douter de votre santé psychologique. A ce
moment là, un signe encore plus impressionnant vous assomme
littéralement. Je me trouvais dans ce cas précis, en 1990 à Las Vegas où
“Le Quotidien” m’avait envoyé couvrir le Comdex, une exposition
informatique. Plus que jamais je “doutais”, persuadé d’être bon pour
l’asile. Un matin, je marchais donc sur le “Strip” lorsque la croix d’un
clocher attira mon attention. Bien qu’en étant à mon cinquième séjour
consécutif à Las Vegas, je n’avais jamais remarqué une église. Et c’est
vraiment par curiosité que je me dirigeai vers elle, voulant savoir à
quoi ressemblait une église dans la capitale du jeu et de la
prostitution. A la lecture de son nom, “Guardian Angel Cathedral, Bishop
of Nevada”, je demeurai paralysé pendant une bonne minute. C’était
incroyable. C’est même la seule église aux Etats-Unis qui porte ce nom.

Cependant, plus j’obtenais de signes et moins j’y croyais, m’entêtant à
penser qu’il ne s’agissait que de pures coïncidences. Un jour pourtant,
je crus sincèrement être devenu fou. J’avais trouvé dans une librairie
d’occasions un magnifique missel en latin de la fin du XIXe, appelé
“Missel des Anges”. Voulant dater et surtout obtenir plus de précisions
sur le ou les auteurs de cet ouvrage enluminé, je demandai à
l’archevêché de Paris le nom d’un bibliothécaire qui pourrait
m’éclairer. On m’indiqua le nom d’un moine dont je tairai ici
l’appartenance. Au téléphone, il me fixa rendez-vous pour le dimanche
suivant, après l’office. Le jour dit, après une messe célébrée par un
prêtre qui ne cessa de parler d’Anges, je demandai à un religieux de me
présenter le frère X. Lorsqu’il me le désigna, je découvris avec une
agréable surprise qu’il s’agissait justement du prêtre, un homme d’une
trentaine d’années au visage souriant, avec un je ne sais quoi de
féminin. Il m’emmena dans son bureau, prit le missel, l’examina avec une
loupe et me donna des renseignements intéressants, précisant toutefois
qu’il ne connaissait pas cet ouvrage. Je n’étais pas vraiment avancé.
Quand je voulus l’orienter sur les Anges, le frère X m’arrêta. Il se
leva, signifiant la fin de l’entretien et me dit: “les Anges, les
apparitions de la Vierge et toutes ces stupidités, je n’y crois pas”. Ce
fut le coup de grâce que j’attendais inconsciemment. Je m’installai au
volant de ma voiture en me demandant pourquoi je devais croire aux Anges
si même un prêtre ordonné n’y croyait pas lui-même…

Pourtant, quelque part, (curieuse cette expression “quelque part”, où?)
cela m’avait attristé. Je m’étais attaché sinon à mon Ange, du moins à
l’idée d’en posséder un. Et après ce rendez-vous, c’était comme s’il
s’était évanoui en fumée. C’était la fin d’une belle amitié invisible.

Mais on ne se débarrasse pas comme ça d’un Ange gardien. Cet incident
fut une sorte de boomerang, un révélateur. L’Ange se comporte comme une
jeune fille éconduite qui vous guette à la sortie de votre appartement.
Trois jours plus tard, en sortant d’un restaurant où j’avais déjeuné
avec mon ami Gérard Adamis, auquel j’avais relaté l’incident avec le
moine, l’Ange m’attendait, foudroyant.

Je m’assis dans la voiture de Gérard et au démarrage, une cassette
sortit de l’auto-radio (pourquoi cette cassette ne glissa pas à l’aller?
mystère..). J’y jetai un coup d’oeil machinal et, stupéfait, je lus le
titre “Saint Michel Archange”. A ma question sur l’origine de la
cassette, Gérard Adamis me répondit que dimanche (donc le même jour que
mon expertise) après la messe, il avait vu cette cassette qui réunissait
des sermons sur l’Archange et me l’avait prise, connaissant mon intérêt
pour le sujet. Mais, après avoir écouté la face A, assez ennuyeuse, il
avait totalement oublié de m’en parler. Par curiosité, j’engageai alors
la face B dans le lecteur et appuyai sur “play”. Après un bruit de
souffle, une voix masculine pleine d’énergie emplit l’habitacle et les
premiers mots me firent l’effet d’un coup de poignard. C’était une
réponse directe à ce que m’avait dit ce prêtre et ce, en utilisant SES
propres mots!

“Je ne vais pas perdre mon temps à vous prouver qu’il y a des Anges”
déclamait la voix. “Ouvrez n’importe quelle page des Saintes Ecritures,
il y en est question abondamment; il a fallu toute la stupidité des
progressistes pour les réduire à de simples pensées et je n’ai pas de
temps à perdre avec ce genre de stupidités” ( Sermon du 29 septembre
1991. ) .

Jamais je n’avais imaginé qu’un prêtre pouvait s’exprimer d’une façon
aussi directe, traitant ses homologues progressistes de “stupides”.
C’était vraiment très drôle et tout de même assez surprenant. Pire, le
sermon venait de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, fief parisien des
traditionalistes, mouvement sur lequel je nourrissais plus que des
doutes. Mais cette voix parlait des Anges avec une poésie, une foi et
une certitude telles que j’en restai abasourdi. La situation était
vraiment étrange. Gérard Adamis, aussi étonné et fasciné que moi, avait
garé la voiture à l’ombre d’un acacia afin que nous puissions écouter
tranquillement ce sermon à mi-chemin entre le cours de philosophie et le
cours de théologie. Pas de doute, la réponse du frère avait visiblement
énervé les occupants de “là-haut”; cela avait fait des vagues.

La synchronicité de cet événement nous plongea dans des abîmes de
réflexion. Le prêtre spécialiste ès missel, un progressiste, avait
utilisé le terme “stupidité” DEBUT NOTEB Quelques mois plus tard, je
découvrais que l’écrivain italien Giovanni Sienna se heurta à cette même
“stupidité”: “Un religieux de nos amis”, raconte-t-il dans son livre
“Padre Pio, voici l’heure des Anges”, “avait traduit mon livre dans sa
langue. Et, avant de le mettre sous presse, il le soumit à une révision
ecclésiastique. Ce livre possédait déjà les imprimatur de Milan et de
Paris. Il a été refusé avec ce commentaire précis: “Finissons-en avec
ces stupidités””. ) . Le prêtre de la cassette utilisait le même mot et
reprochait aux progressistes leur stupidité… Je n’en revenais pas. Du
coup, la foi en mon Ange gardien, tombée à zéro, remonta en fléche. Je
venais de découvrir que les Anges n’aimaient pas du tout qu’on les
prenne pour des chimères.

Or, les histoires folles de ce genre, dont la synchronicité
extraordinaire semble être réglée à la seconde près, ne s’expliquent que
par la puissance des Anges, ravis sans doute que l’on s’intéresse à eux.
Alors, je recommençai à dévorer tous les livres sur les Anges. Cependant
je fus déçu de ne pas trouver un ouvrage qui donnât des “preuves” de
leur existence. Dans ces livres, il s’agissait toujours de commentaires
basés sur les textes de la Bible (où et quand les Anges apparaissent
dans les textes), ou bien de témoignages rapportés (“j’ai été sauvé par
un Ange”) ou encore d’écrits spéculatifs (sur le sexe des Anges, bien
sûr) suffisants pour ceux qui ont la foi, mais totalement insuffisants
pour ceux qui ne croient en rien, et insignifiants pour ceux qui
aimeraient bien y croire mais désirent une sorte de “démonstration”
matérielle, palpable. En général les Anges sont traités soit par des
prêtres tout ce qu’il y a de plus “nihil obstat”, soit par des auteurs
“new age” du channeling (“l’Ange Saaparvada m’a dit que…”), soit par
des kabbalistes (invocation des Esprits du Bien), soit par des inconnus
qui eurent une expérience “angélique”, soit par des universitaires
théologiens, dans la majorité abscons. Pour comprendre leur livre, il
faut s’armer d’un dictionnaire théologique. Tous apportent des détails
intéressants mais peu me donnaient le sentiment qu’ils pouvaient
convaincre un homme d’affaires pressé ou quelqu’un qui tâtonne, qui
cherche, mais qui n’a nulle envie de se confier à un prêtre. La position
de ces derniers est simple: “l’Eglise dit que les Anges existent, donc
il faut croire aux Anges” selon les progressistes qui ne les ont pas
classé au rayon des dogmes dépassés. Or, s’il y a bien une démarche
intellectuelle qui me gênait, c’était bien celle-là: l’Eglise dit que…
L’Eglise a proféré tellement d’âneries que justement on est porté à
surtout ne pas la croire. Et d’ailleurs, n’avait-elle pas mis le Grand
Larousse Universel à l’index?

En tant que journaliste, je cherchais donc un livre reposant sur des
bases un peu plus solides, un peu plus musclées. Mais après de vaines
recherches, je dus me rendre à l’évidence: ce livre n’existait pas.
Pourtant, mon côté rationnel s’obstinait à trouver des preuves
matérielles de l’existence de l’Ange et/ou des témoignages de personnes
au-dessus de tout soupçon. Finalement, après quatre ans de lecture de
sujets extrêmement variés, je me rendis compte que je pouvais rédiger ce
livre. Mais un problème se posa: comment aborder ce sujet sous l’angle
journalistique, donc effectuer une enquête pluridisciplinaire sans trop
me ridiculiser en tant que rédacteur d’un quotidien national
(j’imaginais les commentaires des attachées de presse “ah, c’est lui
l’idiot qui croit aux Anges”, etc.).

Un autre problème surgit aussitôt: ce livre, pour être crédible,
impliquait de nombreux interviews aux Etats-Unis, signifiant des voyages
dans l’ensemble du pays, etc. A ce moment-là, Paris m’envoya en
Californie, ce qui régla mes problèmes d’intendance. Je pus donc pu
rencontrer les meilleurs spécialistes des expériences aux frontières de
la mort comme le Dr Elisabeth Kbler-Ross, le Pr Kenneth Ring, le Dr
Melvin Morse, ceux des différents niveaux de conscience comme le Dr John
Lilly, des sorties hors du corps comme Robert Monroe ou encore des Anges
comme Terry Taylor et compléter mon enquête commencée en France.

Les recoupements effectués dans ces divers domaines m’ont apporté un
éclairage original sur les Anges auxquels je ne m’attendais absolument
pas et ont fourni des témoignages assez extraordinaires, parfois des
preuves accablantes comme nous le verrons dans le chapitre “Des
mystiques et des Anges”. Je n’ai plus qu’un seul espoir, que ce fruit de
plusieurs années de recherche passionnée puisse réconcilier le lecteur
avec son Ange gardien qui n’attend que cela. En effet, nombreux (peu
importe la confession) sont ceux qui jugent Dieu trop lointain, trop
inaccessible et le rendent responsable d’horreurs et d’injustices. En
revanche, l’idée de posséder son propre Ange gardien nous séduit plus,
parce que c’est le nôtre et qu’on ne le partage avec personne (égoïstes
que nous sommes…) contrairement à Dieu, qui, Lui, appartient à tout le
monde, et que tout le monde invoque et brandit pour n’importe quoi.

C’est la raison pour laquelle une relation avec l’Ange gardien est la
plus simple à développer, la plus intime et surtout la plus efficace car
elle transforme, métamorphose immédiatement une vie, aussi bien
spirituelle que matérielle: un Ange gardien recèle une puissance
immense, puissance dont nous n’avons qu’une très vague idée.

C’est Philippe Faure, parlant de l’écrivain Rainer-Maria Rilke, qui a
résumé en quelques lignes la puissance d’un Ange et de ce qui se passe
lorsque les deux se rencontrent: “La nostalgie de l’Ange qui saisit le
poète autrichien se traduit par une prise de conscience de la distance
considérable qui sépare désormais l’homme de l’Ange, dont il entend
restituer toute la dimension: l’être céleste est terrible, éclatant, sa
rencontre avec l’homme ne peut-être que violente” ( In “Les Anges”,
Cerf, page 68-69. ) . Il ne reste qu’à organiser la rencontre avec son
Ange gardien. Au début, cela risque de passer par des larmes. Mais
ensuite, tout s’enclenche, comme par miracle. Constatation de ceux qui
entretiennent une relation privilégiée avec leur Ange gardien, leur
humour. Les Anges aiment faire des farces, sortes de blagues célestes
constituées de paradoxes et de synchronicités uniques. Par exemple, un
jour de mars 1992 à Paris, j’avais téléphoné à René Laurentin, auteur de
nombreux ouvrages et journaliste au “Figaro”, pour lui demander quelques
conseils et adresses. Il me reçut entre deux rendez-vous et m’expliqua
qu’il avait rencontré un peintre, une femme, qui ne dessinait que des
Anges. Il ne se souvenait absolument pas de son nom parce que cela
remontait à trois ou quatre ans, mais seulement de celui de son agent,
un certain Malerbe-Navare, habitant dans une rue voisine du jardin du
Luxembourg à Paris. Même l’orthographe du nom n’était pas sûre. Muni
d’un plan de Paris et du Minitel, j’entamai mes recherches sur les
Malherbe, Malsherbes, Navare, Navarre, etc. Mes coups de fil tombèrent
tous à l’eau: on me prenait pour un fou: “Bonsoir monsieur, je vous prie
de m’excuser, je suis journaliste au “Quotidien de Paris” et je cherche
un monsieur Malerbe-Navare qui connaît un peintre qui ne dessine que des
Anges. Est-ce vous par hasard?” Au bout d’une demi-journée de recherche,
j’abandonnai définitivement l’idée de retrouver cet artiste mystérieux.
Le soir, je recevais un coup de téléphone de Los Angeles de mon confrère
-et surtout voisin- Emmanuel Joffet qui avait la lourde tâche de garder
mon Bobtail de 40 kilos en mon absence et me demandait de rendre une
visite à ses grands parents.

En arrivant le surlendemain dans un appartement du XVI e arrondissement
de Paris, je fus accueilli par une dame charmante, Marguerite Bordet qui
était justement peintre. En parcourant l’un de ses catalogues, je
découvris, halluciné, que c’était elle que j’avais cherchée
désespérément à travers le nom de son agent, Malherbe-Navarre Roger,
deux jours plus tôt!

La grand-mère de mon voisin à 12.000 kilomètres de Paris!! C’était
incroyable. Nous eûmes vraiment le sentiment tous deux que les Anges
nous avaient monté une immense blague intercontinentale.

Bref, après quelques mois de discussion avec l’Ange, on remarque qu’en
fait il ne désire qu’une seule chose, une communion parfaite avec son
protégé puisqu’il connaît mieux que quiconque ses désirs et ses
problèmes. L’Ange s’efforce de répondre aux désirs et jamais je n’ai
ressenti dans cette relation “invisible” autre chose qu’une immense
complicité. Pourtant, on lit partout que les Anges ne sont que des
messagers de Dieu, en quelque sorte des instruments parfaits, inhumains,
sans sentiments et encore moins de liberté d’action. Rien de plus
inexact, car une relation entre un Ange gardien et son protégé peut être
exempte de Dieu, ce qui ne pose aucun problème puisque le rôle de l’Ange
consiste justement à emmener son protégé progressivement vers Dieu, en
respectant son libre arbitre. Croire en l’Ange, c’est déjà un immense
pas vers Dieu. L’écrivain et poète français Charles Péguy expliqua un
jour sous le sceau de la confidence à son ami Joseph Lotte qu’il
possédait un Ange gardien incroyable: “Il est encore plus malin que moi,
mon vieux!” disait Péguy, “Je suis gardé. Je ne puis échapper à sa
garde. Trois fois, je l’ai senti m’empoigner, m’arracher à des volontés,
à des actes médités, préparés, voulus. Il a des trucs incroyables”.

En effet, qui n’a jamais entendu dans la bouche d’un ami “Tu sais,
parfois j’ai l’impression d’être protégé” ou, “A croire que je suis
gardé par le Ciel” ou, “Par miracle, je ne suis pas monté dans cet
avion”, etc. La personne en prend conscience mais ne cherche pas
cependant à approfondir, à expliquer ce sentiment mystérieux, de peur de
se rendre ridicule, ou, plus rarement, de perdre cette “protection” en
essayant d’en percer le mystère.

Autre phénomène curieux, celui de l’incrédulité de l’entourage. Si vous
dites à quelqu’un “Je crois en Dieu”, même s’il est athée, il ne jugera
pas cela anormal. En revanche, si vous lui expliquez que vous croyez en
votre Ange gardien, il vous regardera avec des yeux ronds comme si vous
lui aviez dit très sincèrement “je crois au Père No?l”. Cela m’est
arrivé de nombreuses fois, principalement dans des librairies
catholiques où, demandant à une vendeuse ou au propriétaire du magasin
“Qu’avez-vous sur les Anges?”, je n’eus pour toute réponse qu’un sourire
gêné du genre “Pauvre fou” alors que dans les librairies “new age” ou
ésotériques, on me répondait “Bien sûr, tenez, c’est juste derrière vous
sur le rayon à gauche”.

Plus curieuse encore est la réaction des catholiques pratiquants,
surtout traditionalistes, qui, dès qu’on leur parle d’Anges, répondent
en brandissant le diable: “Etes-vous sûr que vous n’êtes pas induit en
erreur par le Malin?”, comme si le fait de m’intéresser aux Anges à la
place de Dieu représentait la preuve formelle de ma possession
diabolique. Les Anges ne sont-ils pas le dénominateur commun des plus
grandes religions? On les trouve aussi bien dans l’Ancien Testament que
dans le Nouveau, dans le Coran, La Torah et chez les Hindous qui les
appellent “les brillants”, les Devas. Ne sont-ils pas aussi “les outils,
avec lesquels Dieu s’amuse et se meut, par lesquels et avec lesquels il
révèle les forces et les merveilleuses éternelles, les mène en un jeu
d’amour…?” ( Page 139 in “L’Ange et l’homme”, ouvrage collectif, Albin
Michel, 1978. )

Du coup, mon intérêt pour les Anges, ces “êtres immatériels, purs
esprits, intermédiaires entre l’homme et Dieu” nous dit le dictionnaire,
“qui seraient sans cesse à nos côtés, chargés de nous garder et de nous
guider” se transforma en acharnement. Lorsque le Dr John Lilly, dont les
travaux sur les dauphins ont fait le tour du monde, raconte le plus
simplement du monde dans son autobiographie qu’il a rencontré son Ange
gardien et parlé avec lui lorsqu’il était enfant, il y a de quoi se
poser des ques-tions. De même pour Françoise Dolto, la célèbre
psychanalyste d’enfants qui n’a jamais caché qu’elle demandait toujours
à son Ange gardien de lui trouver une place de parking. Si ces
affirmations provenaient d’un inconnu, personne n’y prêterait attention.
Mais venant de John Lilly ou de Françoise Dolto, qui n’avaient
strictement aucune raison de raconter des balivernes, ne s’explique que
par une expérience inoubliable, malgré le temps. Au cours d’un entretien
dans sa maison de Malibu en Californie, Lilly, qui eut plus d’une fois
affaire à ces “êtres”, toujours dans des circonstances dramatiques, m’a
déclaré: “Je les ai appelés Anges, mais c’est une réminiscence de mon
éducation catholique. Aujourd’hui, le mot le plus exact à utiliser est
“Etre d’une dimension supérieure à la nôtre”.

Et le vieux scientifique se moque bien du fait que l’on puisse douter de
ses facultés mentales; par ses travaux pour l’US Air Force, l’US
Departement of Health et surtout par ses observations sur le système de
communication cérébral des dauphins, il n’a plus rien à se prouver et
encore moins à prouver aux autres car ce qui ressort globalement de son
expérience, c’est ce sentiment d’être protégé, parfaitement traduit par
l’expression française “être né sous une bonne étoile”. Or, est-ce un
hasard?, les gravures du XIXe représentent toujours l’Ange gardien avec
une étoile rayonnante au-dessus du front.

Mais que signifie être né sous une bonne étoile? Avoir de la chance,
gagner au jeu ou échapper régulièrement à des accidents, sortir indemne
d’une collision épouvantable, voire à des tentatives d’assassinat?
Comment expliquer ces actes totalement irréfléchis qui sauvent la vie,
ces voix intérieures qui mettent soudain en garde, ce rêve prémonitoire,
cette série insensée de coïncidences qui fait qu’un ami ou un inconnu,
qui n’aurait jamais du se trouver là au moment du drame, a pu intervenir
et vous éviter une catastrophe? Pressentiment, chance, hasard,
coïncidence? En français, on utilise souvent l’expression “quelque chose
me dit que..”. Mais qu’est-ce que ce quelque chose? Est-ce quelqu’un?

Personne n’est en mesure de donner une explication naturelle et
objective à ces phénomènes. Et si l’on admet ne serait-ce que la
prémonition, cela ouvre aussitôt la porte à d’autres réalités. Pourtant,
il nous est impossible de nier l’expérience vécue par des millions de
personnes sous prétexte que nous ne pouvons l’expliquer matériellement
et scientifiquement. Ceux qui ont vécu une telle expérience sont marqués
à jamais par cette “aide” surgie de nulle part dont l’explication la
plus élégante, puisque nous n’en avons pas d’autre de plus logique, se
résumerait alors par l’intervention bien réelle de ce que l’on appelle
l’Ange gardien.

Mais d’abord, est-ce que les Anges existent vraiment?

La réponse est négative puisque nous ne les voyons pas. En revanche, dès
que l’on effectue un sondage auprès des malades ou accidentés dont le
coeur s’est arrêté de battre, la réponse devient positive. Comme nous
allons le découvrir, le domaine extrêmement vaste et surtout
parfaitement documenté de la Near Death Experience, les expériences aux
frontières de la mort, ne permet aucun doute, parce qu’il n’a pas été
développé par des religieux ou des ésotériques, mais bien par des
médecins et des universitaires, on ne peut plus sérieux, de notre
époque.

http://www.lejardindeslivres.fr/03anges1.htm

~ by quintal on 3 October, 2007.

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